japonaiseries

    Ah ah, l'enquête progresse ! En ce qui concerne les usages des lectures « on » et « kun » des kanji, notamment.
    En règle générale, la lecture « on » (chinoise) est utilisée dans les mots composés, tandis que la lecture « kun » (japonaise), plus longue, est utilisée lorsque le kanji constitue un mot à lui seul. Comme toute règle, celle-ci connaît des exceptions mais pour le moment, on va se contenter de cette explication.

    Bon. Deux kanji qui se ressemblent quand-même pas mal, celui de l'oiseau, et celui du cheval.

    L'oiseau d'abord : 鳥 ; lecture « on » : テヨウ (teyou) ; lecture « kun » : とり (tori).
    Le cheval ensuite : 馬  ; lecture « on » : バ (ba) ; lecture « kun » : うま (uma).

    A partir de notre 鳥, nous pouvons faire plein de choses.
    Un petit oiseau, par exemple. 小鳥 : ことり, ko tori.
    Un oiseau lacustre. 水鳥 :deux lectures possibles : cent pour cent « kun » : みうとり, mizu tori, ou cent pour cent « on » : すいちよう, sui chou -- 水 étant bien sûr le kanji de l'eau.
    On peut aussi faire un poulet grillé, miam. 焼(き)鳥 : やきとり, yaki tori -- 焼 signifiant évidemment « faire cuire ».
    On peut même faire un cygne, tiens. 白鳥 : はくちよう : haku chou -- 白 signifiant « blanc ».

    Avec le 馬, on peut faire pas mal de choses aussi d'ailleurs.
    Un poney, tiens. 子馬, ou 小馬 : こうま, ko uma, un petit cheval
    On peut même faire des échasses. 竹馬, たけうま (take uma) ou ちくば (chiku ba) : mot à mot, le cheval de bambou... 竹 étant le kanji du bambou (très évocateur, celui-là, non ?)
    Et pourquoi pas un cheval à bascule ? 木馬 : もくば (moku ba) -- où l'on reconnaît 木, le kanji de l'arbre...

    Nettement moins poétique : じやじや馬 : じやじやうま (jiyajiya uma) : le cheval rétif et, par extension, une femme acariâtre, genre harpie -- l'équivalent de notre vieille carne à nous, en quelque sorte !



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    Hier, sur le chat d'OB, Sonhayâ parlait de sa lecture du moment. « Kafka sur le rivage » de Haruki Murakami.

    Au cas où vous n'auriez pas encore remarqué, j'aime bien comprendre comment marchent les choses, et plus c'est compliqué, plus ça m'amuse. Comme je connaissais trois sens au mot « kami », j'ai eu envie d'aller voir de plus près lequel était utilisé dans le nom de cet auteur.
    Et ça, c'est impossible à moins de le voir écrit en VO. Heureusement qu'il y a Google, Wikipedia et le dictionnaire en ligne de Jim Breen.

    Cinq minutes plus tard, j'étais munie d'un joli quatuor de kanjis :

村上      春樹
Murakami Haruki

    Bon déjà, mon « kami » : déception, il ne s'agit ni du « kami / papier » : 紙, ni du «kami / dieu » : 神, ni du « kami / cheveux » : 髪 (manque de gel ce kami, huhu).
    Le « kami » de Murakami veut dire « dessus, partie supérieure ».

    Passons à « mura », 村 : c'est le village. Un kanji double, puisque formé de deux kanji distincts. 木, l'arbre, et 寸. 上 aussi est un kanji double, puisque formé de ces deux kanji de base : 一 et 卜.

   Voyons maintenant le prénom. 春, « haru », c'est le printemps. Encore un kanji complexe, formé mine de rien moins que quatre kanji de base : 一,  二,  人 et 日.

    Reste 樹 -- de mieux en mieux, cinq kanji de base !  口,  土,  寸,  木 et 豆. Et, tout comme 木 qui est d'ailleurs l'un des kanji simples qui le composent, il signifie « arbre». Ceux qui ont suivi remarqueront également qu'il contient les deux kanji qui forment le kanji complexe 村, le village.

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, franchement ?

 
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    Le Fuji-Yama, vous connaissez ? Littéralement, le Mont Fuji ?

    Hop, le kanji correspondant : 山
    Et ses prononciations « on » : サン (san) et セン (sen) et « kun » : やま (yama).

    D'ailleurs, vous n'entendrez jamais un Japonais parler du Fuji-Yama ; là-bas, la montagne sacrée est connue sous le nom de Fuji-San.
    Tiens, juste pour le plaisir des yeux, l'une des trente-six vues du Mont Fuji par Hokusai. En regardant bien, vous verrez notre 山 , deuxième kanji de la colonne de droite, en partant du haut, dans la cartouche rouge.


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    Fin de l'interlude à tendance récréative et retour aux choses sérieuses. Nous retrouvons bien sûr notre kanji du jour dans une flopée de mots et d'expressions. Comme par exemple (et pas tout à fait au hasard) :

    姥捨て山 : ubasuteyama, « montagne où l'on abandonnait les vieilles femmes » -- notez l'emploi bienvenu et rassurant de l'imparfait, quand-même. Et l'usage de la prononciation kun.
    火山 : kazan, le volcan. Tiens, encore un cas d'altération de prononciation, histoire de faciliter les choses ! Et le retour de la prononciation on, qui semble réservée aux termes et expressions s'appliquant à ce qui revêt un caractère plus ou moins sacré. L'autre kanji, 火, est très logiquement le kanji du feu.
   黒山 : kuroyama, une foule importante. Mot à mot, une montagne noire -- mais après tout, ne dit-on pas chez nous « noir de monde » ?

    Un petit dernier : 山川, qui se prononce selon les cas sansen (deux prononciations on) ou yamakawa (deux prononciations kun). 川, c'est le fleuve, encore un kanji que l'on retrouve fréquemment dans les cartouches, sur les oeuvres d'Hokusai. Notre 山川 signifie tout bêtement « montagnes et fleuves ».



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   Celui-là, kanji, je l'adore. Très évocateur, contrairement à certains, sans doute trop simplifiés par rapport à l'idéogramme chinois d'origine. C'est le kanji de la pluie...

    雨 : quatre gouttes, de l'autre côté des carreaux de la fenêtre -- qu'il fait bon être à l'abri, bien au chaud sous la couette...

    Prononciation « on » : ウ (u)
    Prononciations « kun » :  あめ (ame) et  あま (ama)

    Il est tellement joli, ce petit kanji, que j'ai très envie de passer un peu plus de temps en sa compagnie. Avec quelques mots ou expressions où on le retrouve, tiens...

    一雨 tiens, deux kanji connus : ひとあめ (hito ame), l'averse (un épisode pluvieux, quoi)
    多雨 mais c'est que je le connais, ce petit 多, qui veut dire « beaucoup » : prononciation de l'ensemble : たう, ta u  (allez savoir pourquoi c'est la prononciation « on » qui est utilisée ici...) : une forte pluie, mais vous aviez deviné.
    大雨 -- encore un kanji que je connais, qui veut dire « gros ». Prononciation de l'ensemble : おおあめ, oo ame (allez savoir pourquoi, etc etc) et sens équivalent à celui de 多雨

    Et quand il pleut, généralement, on sort armé de son amagasa. Qui peut s'écrire indifféremment en combinant kanji et hiragana : 雨がさ ou par deux kanji, 雨傘 (deux écritures qui, heureusement pour notre santé mentale, se prononcent de la même manière : あまがさ )

   Quid de  傘  quand il est tout seul ? Eh bien, il signifie aussi « parapluie », ou « parasol »... mais il ne se prononce plus がさ (gasa), mais かさ  (kasa).

    Une aspirine ?

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